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Hyundai Ioniq hybrid

Forte à faire: IONIQ : tel est le nom de la première berline essence-électrique du constructeur coréen Hyundai.
Disponible depuis septembre 2016, elle entend bien relever un défi : détrôner sa concurrente directe, la Toyota Prius, avec un argument solide, son rapport qualité/prix. Ce pari est risqué quand on sait que près de 200 000 voitures hybrides et électriques ont été vendues en Europe en 2016; d'ailleurs, la Ioniq n'aura pas que la Prius en ligne de mire. Elle pourra compter entre autre sur la VW Golf 7 GTE ou encore l'Audi A3 e-tron. Mais autant dire que la Ioniq vient défier la reine Toyota sur une de ses terres de prédilection !

Mais l’hybride coréenne possède de bonnes bases et n’a pas à rougir face à la concurrence, bien au contraire. En effet, tout d’abord, la Ioniq est la première voiture au monde à se voir déclinée sous trois formes de motorisations écologiques : notre modèle d’essai est la version hybride mais il existe aussi en full électrique et en plug-in, c’est-à-dire en version hybride rechargeable.

Nous nous retrouvons donc avec une hybride 5 portes familiale, « Platinum Silver », avec un moteur de 4 cylindres 1,6 litres essence à injection directe couplé à un moteur électrique, le tout offrant jusqu’à 141 chevaux cumulés pour un poids à vide de 1440 kilos. Hyundai annonce un 0 à 100 km/h en 10,8 secondes et une vitesse maximale de 185 km/h. Rien qui ne fasse rêver ! Mais le but n’est pas là : avec 3,4 litres de carburant aux 100 kilomètres (donnée constructeur) de moyenne, un prix de base à 26 899 € et une garantie 5 ans kilométrage illimité, cette Ioniq mise plus sur sa fiabilité et son confort que sur ses performances purement « sportives ».

La Hyundai Ioniq propose plusieures offres de motorisation et une dotation de serie généreuse mais avec toutes ses armes, peut elle faire de l'ombre à ses conccurentes ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir tout au long de notre essai.

: S’il y a bien une chose qui surprend sur cette Ioniq, c’est son design extérieur ! Celui-ci est très loin de nos standards européens : normal pour une voiture coréenne produite en Corée du Sud. Son dessin a été pensé pour améliorer l’aérodynamisme de la voiture afin de réduire les consommations de carburant et rappelle immédiatement le style des lignes asiatiques.

De loin, la Ioniq laisse deviner une ligne effilée avec une calandre étirée, un hayon très incliné suivi d’un becquet, comme sur sa concurrente la Prius ; ceci a pour but de favoriser l’écoulement de l’air. La ligne de toit est basse (1,45 m) et en fuite, toujours pour une question d’aérodynamisme.

A l’avant, on retrouve des phares bixénon, de série sur notre finition Executive et des feux de croisement à led pour la Plug-in avec la même finition. Ceux-ci sont entourés par des feux de positionnement à led. Situé dans les entrées d'air, on retrouve l'éclairage diurne qui, reconnaissons-le, n'est pas très esthétique avec ses huit led positionnées l'une au dessus de l'autre. Un bandeau aurait été plus joli. Petit détail "sportif", la petite lame de pare-chocs bleue turquoise spécifique à la motorisation hybride qui surligne une large entrée d'air.

A l'arrière, le design est totalement différent de l'avant. La ceinture de caisse est assez haute , pour cause la lunette arrière est divisée en deux parties car le hayon est trop haut perché pour avoir une visibilité suffisante comme sur une certaine Toyota Prius! Mais sur ce point, Hyundai a su rendre cette partie de la voiture assez agréable à l'oeil. Deux petits feux à led en forme de C, un bandeau noir brillant intégrant deux fausses entrées d'air ainsi que la plaque d'immatriculation apportent sobriété et élégance. On retrouve comme à l'avant une lame bleue sur la partie basse du pare-chocs.

Autre spécificité du modèle : des jantes bi-teintes en 17 pouces, également disponibles en 15 et 16 pouces. Elles apportent un look sportif et cassent les codes de la voiture hybride qui est généralement dotée de jantes de petite taille, ce qui n'est pas très esthétique!

Première classe: L'intérieur de cette Ioniq est déconcertant: à voir l'extérieur, on imagine un intérieur assez équivalent. Pourtant, sobriété et ergonomie sont les maîtres mots. Deux ambiances sont disponibles, d'un côté une ambiance claire avec une planche de bord beige ainsi que des sièges en cuir de la même teinte, de l'autre une ambiance plus sombre avec une teinte gris anthracite. La place ne manque pas puisque l'habitabilité s'avère largement suffisante pour quatre adultes, même à l'arrière ou la place aux genoux est excellente. A l'avant, on retrouve une planche de bord élégante, bien ordonnée, sans "fioritures". Les touches lumineuses de bleu décorent simplement l'habitacle et rappellent, par cette couleur bleue, que vous êtes dans un véhicule hybride.

Sur la console centrale bi-ton, on retrouve un écran tactile de 8 pouces, plutôt bien proportionné et agréable à l'utilisation. Cet écran regroupe les principales fonctions, médias, navigation, paramètres de la voiture et un menu entièrement dédié à l'utilisation du mode de propulsion utilisé ou choisi. Vous retrouverez via une cinématique en temps réel le type d'énergie choisi; vous retrouverez aussi la caméra de recul très utile compte tenu du peu de visibilité à l'arrière.

Le bloc compteur est entiérement digital avec une présentation sobre. Au centre, on retrouve le tachymètre qui devient le compte-tours en mode sport. Collé sur la droite, vous retrouvez l'ordinateur de bord avec toutes les informations liées à la conduite. De chaque côté du bloc compteur, on retrouve à droite le niveau de charge restante des batteries et à gauche l'utilisation et la charge des batteries en temps réel.

Le système audio du véhicule est composé de 8 haut-parleurs, bien répartis dans l'habitacle et de bonne qualité. Vous pourrez donc profiter de votre musique préférée confortablement installé dans des sièges confortables. D'ailleurs, été comme hiver, ils prendront soin de vous puisqu'ils sont ventilés à l'avant et chauffant à l'avant ET à l'arrière; encore un bon point pour cette Ioniq quant au rapport qualité/prix ! Le volant, également en cuir, est aussi chauffant, encore un petit plus !

Les passagers à l'arrière ne sont pas laissés pour compte, bien au contraire ! Même avec un conducteur ou un passager de grande taille, la place sur la banquette arrière nous paraît démesurée ! Vous aurez largement de quoi étirer vos jambes et vous mettre à l'aise lors de grands trajets. En hauteur, malgré son hayon assez incliné, la Ioniq peut tout de même accueillir des passagers à l'arrière qui dépassent le mètre quatre vingt. Enfin, pour finir, le coffre n'est pas en reste: pas très haut certes mais assez profond avec une capacité de 443 litres. Un bon point pour une hybride, dans un segment de véhicules ou le coffre fait souvent défaut.
Vous l'aurez compris, confort et place régnent dans cet intérieur !

Confort, silence et sobriété: La Ioniq embarque un 4 cylindres de 1.6l qui développe 105 ch et 147 Nm, couplé à un bloc électrique de 32 kW alimenté par une batterie lithium-ion de 1,56 kWh qui développe 44 ch et 170 NM. Une fois que l'électrique et le thermique jouent de concert, la puissance passe à 141 ch et le couple, lui, grimpe à 265 Nm, de quoi assurer de bonnes reprises !

Sur la balance, cette Ioniq hybride ne pêche pas par son poids, pour cause elle ne pèse que 1 370 kg et la répartition des masses est parfaite, les batteries ne se font pas sentir dans les virages. Avec une puissance supérieure de 19 ch et un poids réduit de 30 kg par rapport à la Toyota Prius, la Ioniq se démarque largement de sa principale rivale, avec un 0 à 100 km/h abattu en 10.4 secondes, soit près d'une seconde de mieux que sa concurrente japonaise.

Trois modes de conduite sont disponibles, vous aurez le choix entre le mode éco qui donnera la priorité au bloc électrique et revoit les rapports de la boite de vitesse afin de réduire au maximum les consommations d'essence. Le mode normal qui vous permettra de jongler entre le thermique et l'essence ou les deux selon votre conduite et le relief de la route. Pour finir le mode Sport, il vous permettra de tirer le meilleur du bloc thermique et électrique pour assurer de bonnes accélérations.

Sur la route, la Ioniq impressionne par son confort: même équipée de jantes de 17 pouces, elle est très confortable et vous fera avaler les kilomètres sans douleurs. Elle ne vous demandera un ravitaillement que tous les 1 000 kilomètres en moyenne pour remplir son réservoir de 45 litres. Lors de notre essai, la consommation a plafonné à 4.7L/100kms, soit un peu moins d'un litre par rapport à la consommation annoncée en mixte. Un très bon point pour cette coréenne qui ne triche pas sur ses consommations réelles !

Seul bémol sur cette copie parfaite, le bloc thermique est un peu bruyant en sortie de mode full électrique, cela n'est pas très agréable il faut bien le reconnaitre. La boite automatique en mode normal a tendance à faire monter dans les tours les troisième et quatrième rapports, ce qui accentue le bruit dans l'habitacle, vraiment dommage.

Sans faute pour une première: Cette Ioniq débute à 27 449 €, autant dire qu'il s'agit là d'un tarif tout à fait intéressant pour une hybride. Notre modèle d'essai atteint les 30 864 €, tarif toujours intéressant lorsque l'on sait maintenant les équipements que cela comprend: une garantie 5 ans kilométrage illimité, un volant en cuir chauffant, des sièges chauffant à l'avant ET à l'arrière, siéges avant également ventilés, une finition cuir pour la sellerie, des jantes de 18 pouces, un système multimédia complet. Bref, une panoplie d'options que peu de constructeurs peuvent se vanter de proposer à un tel rapport qualité/prix !

Le but de Hyundai est atteint dès le premier essai: cette Ioniq fait clairement mieux que sa concurrente directe, la Toyota Prius. Notre véhicule d'essai se place très bien en terme de prix, sa conduite se révéle très douce en ville mais pas au détriment du reste puisque sa boîte robotisée permettra des accélérations franches sur route et rendra la conduite plaisante. De plus, même s'il s'agit d'une affaire de goût, cette Ioniq s'avère joliment dessinée.

Dans un souci de "rentabilité", Hyundai a simplifié au maximum son système d'hybridation afin de pouvoir l'adapter à tous les autres véhicules de la gamme. Pour sa première compacte hybride / électrique Hyundai a su se mettre à la page et fait même mieux que certaines de ses concurrentes.

Le seul défaut que nous avons pu constater sur cette Ioniq hybride est l'insonorisation du bloc thermique, qui s'avère un peu trop présent dans l'habitacle et lorsque le moteur redémarre en sortie du mode électrique, cela n'est pas très agréable et casse net l'impression de rouler sans aucun bruit!

Pour un premier essai dans l'hybridation et l'électrique, il faut reconnaitre que Hyundai a tapé très fort avec cette Ioniq. Un design extérieur agréable, idem pour l'intérieur, une motorisation sobre et suffisante, un prix très attractif font de la Ioniq une sérieuse concurrente à la reine Toyota Prius!


On a aimé:
- ses équipements de serie
- son confort et son habitabilité
- son tarif

On a moins aimé:
- l'insonorisation du moteur
- le légér manque de puissance
- la visibilité arrière



Fiche technique:
Moteur: 4 cylindres turbo
Cylindrée: 1 580 cm3
Puissance thermique: 105 ch à 5 700 trs/min
Puissance électrique: 44 ch
Puissance cumulée: 141 ch à 5 700 trs/min
Couple thermique: 147 Nm à 4 000 trs/min
Couple électrique: 170 Nm
Couple cumulé: 265 Nm de 1 000 à 3 500 trs/min
Transmission: avant
Poids: 1 370 kilos
Boite de vitesses: automatique à 6 rapports


Performances:
0 à 100 km/h: 10.4 s
Vitesse max: 185 km/h
Consommation mixte: 3.5 l/100km


Tarifs:
Tarif de base: 27 449€
Modèle essayé: 30 864€


Publié le 12/12/2017